Amaxophobie, comment je compte passer mon permis de conduire quand même!

peur de conduire

​L'Amaxophobie, ma phobie taboue (août 2018)

Hello les amis,

​La rentrée arrive et j'ai décidé ​qu’il était grand temps de (re)passer mon permis de conduire (à 3​5 ans lol).

​Eh oui, cet objectif, peut-être anodin pour la plupart d’entre vous, eh bien c’est le boulet que je me traine depuis l’adolescence…

Ce n’est pas que je n’aime pas les examens. J’en ai passé (et réussis) pleins, surtout depuis que j’ai lu Mind Gym, comme je l’explique dans cet article.

Mais le permis de conduire, ça, c’est le truc qui ne passe pas.

Certains profs d’auto-école m’ont expliqué que c’est parce que serais « intello » et que les intellos seraient « nuls en conduite ».

Voilà une analyse qui m’a parue peu pertinente, étant donné la ribambelle de geeks et intellos en tous genres qu’il m’est donné de fréquenter, et qui ont tous obtenu le permis de conduire à peine sortis de la puberté, du premier coup de surcroit.

​Il est vrai que mon histoire avec les voitures et la conduite a mal commencé.

Dès mon jeune âge, il m’a fallu constater que n’importe quel trajet sur route provoquait chez moi un malaise intense suivi de jets de vomis, qui me valurent tôt le surnom de Vomito.

On m’a assuré que tout ça passerait avec le temps, mais voilà qu’à 35 ans, même si je me suis quelque peu adaptée aux trajets courts, l’essentiel du temps passé en voiture (ou pire, en car !) me provoque d’immondes hauts-le-cœur.  

Si ma relation avec l’automobile s’était limitée à ces désagréments physiques, sans doute aurais-je pu envisager de m’asseoir sereinement au volant.

Mais le problème, c’est qu’en plus d’être physiquement dégoûtée par l’engin, il semblerait que je sois inapte à le prendre en mains ….

Je vous fais grâce du récit de mes premiers cours de conduite, pris de mauvaise grâce alors que j’étais encore étudiante. Toutefois, pour vous donner en quelque mots une idée de l’ambiance desdits cours, sachez que dès la troisième ou quatrième leçon, je pleurais tellement que j’en ai perdu un de mes lentilles de contact. A cette occasion, il m’a paru opportun de suggérer au moniteur de changer de métier, puisqu’il ne semblait capable d’enseigner son art qu’aux personnes qui le maîtrisaient déjà.

Inutile de m’étendre sur le fait que suite à cette proposition, ma présence à l’auto-école n’était plus la bienvenue. Bref, j’ai abandonné…

Comme je vis à la frontière avec la Suisse, j’ai espéré que nos amis helvètes sauraient réserver à mes difficultés routières un accueil plus chaleureux que mes compatriotes.

Ainsi donc, 2 ans après mon abandon, et alors que je résidais provisoirement à Genève, je décidais de reprendre ma formation de ce côté-là de la frontière.

Cette fois-ci, oh miracle, le moniteur était d’une patience infinie. Hélas, trois fois hélas, suite à mon premier abandon,

mon manque d’assurance au volant s’était transformé en phobie de la conduite.

​J'ai d'ailleurs appris bien plus tard qu'une telle phobie avait un nom : l'amaxophobie.

A propos de cette phobie, Doctissimo nous informe doctement qu’il s’agit « de la peur de conduire ou de se retrouver au volant d’une voiture ».  A ce stade, si l’un d’entre vous pouvait m’expliquer la différence entre ces deux situations, ça m’éclairerait…

Bref, toujours selon le docte Doctissimo, une des sources possibles de l’amaxophobie,  serait : « la phobie de l’apprentissage. En effet pour conduire, il faut apprendre et les amaxophobes ont souvent des réticences à apprendre, changer, modifier leurs habitudes. Cela fait d’eux également des personnalités dépendantes. On peut par extension penser qu’ils ont eu un rapport très fusionnel à leur mère dans l’enfance et refusent de ce fait toute situation comportant la possibilité d’une trop grande autonomie ».

Merci Doctissimo pour ce portrait flatteur des amaxophobes. En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu l’impression d’être rebutée par les apprentissages, bien au contraire, mais bon....il est possible que je m’illusionne à mon propre sujet, ce ne sera pas la première fois 🙂 

Quoiqu’il en soit, à l’époque, ignorante comme je l’étais de l’amaxophobie et de ses possibilités de soins 

je tentais de camoufler mon trouble en me murant dans le silence de la honte. Cette dissimulation me coûta 3 échecs au permis de conduire…. Sachant qu’en Suisse, lorsque l’on rate 3 fois le permis, il faut se soumettre à une expertise psychologique d’aptitude à la conduite pour avoir le droit de se représenter.

Vous avez vu, ça rigole pas chez les Helvètes !

A ce stade, je décidai qu’il était temps pour moi de mettre un terme à cette sordide aventure sur bitume et m’épargnais ainsi l’ultime humiliation de livrer en pâture mon cerveau à la science.

​Amaxophobie, pourquoi j'ai décidé de la combattre à nouveau (septembre 2018)

​Vous l'avez compris, mon expérience avec la conduite a très mal commencé, pour finalement se transformer en phobie.  

Et voilà maintenant des années que je suis handicapée par le fait de ne pas savoir conduire.

​En fait, pour être honnête, ce handicap ne m’a pas trop gênée jusqu’à présent. Déjà parce que jusqu’à récemment, je travaillais à Genève et que dans cette ville, il est quasi impossible - et hors de prix - de garer sa voiture. Ensuite parce que c’est dans le bus que j’ai rencontré Etalon, ce qui m’a réconciliée avec le fait d’avoir raté le permis 🙂

Mais ​ depuis que j’ai eu mon fils (en janvier ​dernier), il devient ​vraiment urgent de m’autonomiser du point de vue mobilité...

Sauf que pour pour atteindre cet objectif, non seulement il me fallait combattre ma peur panique de la route, mais en outre, ​une accumulation de problèmes administratifs m'empêchaient ne serait-ce que de mon confronter à cette phobie.

​Amaxphobie et blocages administratifs (octobre 2018)

  • ​Je souhaitais passer mon permis sur boite automatique pour me faciliter la tâche et éviter d’avoir à vendre un rein pour me payer 100 heures de cours à 50 euros la leçon, mais dans ma région, la seule auto-école qui proposait ce genre de services était à 15 km de chez moi, et difficilement accessible en transports publics.
  • Je m’y étais tout de même inscrite, mais à chaque fois, c’était la croix et la bannière pour obtenir une heure de cours (on me rappelait en me disant que la voiture automatique n’était pas disponible, que le moniteur était malade, qu’il n’y avait pas de place).
  • Et quand j’obtenais enfin une ​plage-horaire, cela me demandait un effort d’organisation incroyable rien que pour ​assister au cours (ben oui, avec mon bébé à faire garder et le fait que je doive me rendre en transports publics jusqu’à l’auto-école, ledit cours de conduite me bouffait en gros la demi-journée, en tous cas en énergie…).
  • Au vu de ces difficultés, je décidais d’opter pour la conduite supervisée (c’est-à-dire de m’entrainer sous contrôle d’un membre de ma famille sans passer par l’auto-école). Dans cette perspective, Etalon - qui avait besoin d’une nouvelle voiture - s’est fendu d’aller jusqu’à Paris pour chercher un tacot d’occasion doté d’une boite automatique. Sauf qu’au moment d’immatriculer l’épave qui devrait me donner enfin accès à plus d’indépendance, nous nous heurtions à l’administration kafkaïenne de notre France bien-aimée, dont le nouveau système informatisé est incapable de traiter tout cas sortant du sentier extrêmement étroit balisé par nos fonctionnaires de haut vol…

Bref, j'en étais là de mes blocages quand, suite à la publication de mon expérience sur ce blog, un collègue blogueur spécialisé dans les neurosciences de l’apprentissage, la gestion du stress et la préparation mentale m'a très gentiment ​offert ​une séance ​ de coaching via skype !

​​​J'ai essayé l'EFT pour ​dénouer les blocages m'empêchant de ​m'entraîner à conduire (novembre 2018).

Durant cette séance, Roman, ​webmaster des blogs hemispheres.coach et ​ouimusique.coach, m’a accompagnée ​principalement pour travailler sur les blocages administratifs qui m’empêchaient d’aller de l’avant avec cette conduite, et les pensées que j’entretenais à ​cet égard.

Eh bien croyez-le ou non, mais :

  • 6 jours après cette séance, l’auto-école m’appelait d’elle-même pour me dire qu’une plage horaire venait de se libérer pour m’évaluer en vue d’un éventuel départ en conduite supervisée;
  • Le moniteur qui m’évalua à cette occasion s’est montré extrêmement compréhensif et m’a autorisée, sans sourciller, à arpenter les routes de la région sans double-pédales, c'est-à-dire uniquement accompagnée d’étalon;
  • Je recevais enfiiiin la nouvelle carte grise du véhicule.

Alors peut-être qu’en me lisant, vous vous dites que tout ça c’est des détails, et que ça craint de s’enthousiasmer pour si peu.

Je ne vous en ​veux pas. Mais ceux qui me connaissent savent l’immensité du pas qui vient d’être franchi. Avant cette séance, je n’avais jamais l’occasion d’aller conduire, et chaque cours s’apparentait à une épopée. Depuis cette séance, je vais conduire en tous cas trois fois par semaine, et honnêtement, cela contribue déjà énormément à apprivoiser ma phobie.

​Mais je ne vais pas vous mentir, quand je prends le volant, ce n’est pas comme si je m’installais au ​ lit avec un bon bouquin. Y a encore du taf pour me libérer complètement de ma peur du volant, ​même si je crois qu’au moins, ça y est, je suis en route ​:)

Du coup - et après avoir réalisé que j'étais loin d'être la seule dans cette galère et que beaucoup d'entre nous cherchions des moyens pour nous sortir de cette impasse routière, ou de toute autre peur panique, quelle qu'en soit finalement l'objet - j'ai pensé qu'il pourrait être utile de réunir plusieurs blogueurs d'horizons différents afin que chacun présente son point de vue pour répondre à la question "Quelles méthodes de développement personnel peuvent nous aider à dépasser nos phobies ?" 

​​La contribution de 1​​3 blogueurs ​​pour apprendre à dépasser nos phobies (​janvier 2018)

​13 blogueurs ont répondu à cette invitation. Après avoir inventorié les articles qui m'ont été soumis, j'ai sélectionné pour chacun d'entre eux les passages qui me semblaient illustrer au mieux les actions spécifiques à entreprendre pour se libérer d'une phobie. Puis j'ai ​établi une feuille de route en 4 phases, dont vous pouvez consulter gratuitement les détails ainsi que les références aux articles de mes collègues blogueurs si vous le souhaitez :  ​

Téléchargez votre Ebook Gratuit !

​Un Guide pour​ apprendre à se débarrasser de ses phobies, tout en se respectant.

envelope

Pour ma part, j'en suis à l'étape Combattre son Instinct. ​Je compte m'entrainer encore en conduite supervisée jusqu'à février, puis prendre un rendez-vous ​avec l'auto-école pour faire le bilan.​​​

Voilà pour mon histoire, ​ chers compagnons de galère amaxophobes 🙂 

​J'espère que ce témoignage contribuera à vous donner ​le courage d'exorciser, vous aussi, cette peur qui vous gâche la vie, et la motivation ​nécessaire pour vous y confronter, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un lointain cauchemar.

En attendant, donnons nous des nouvelles! N'hésitez pas à me laisser un message depuis ma page de contact.  Cela me fera plaisir d'échanger avec vous et de former progressivement une communauté d'entraide en vue d'avancer plus sereinement sur le chemin de nos vies.

Suivez-moi sur les réseaux sociaux !
  • 33
  •  
  • 1

2 réflexions sur “Amaxophobie, comment je compte passer mon permis de conduire quand même!”

  1. Bonjour Maria,
    Je me reconnais tellement dans ton article ! ça fait du bien de voir qu’on n’est pas seuls face à l’amaxophobie. Je ne connaissais pas ce terme avant que tu en parles 😊.
    Il vaut mieux se dire que l’on est trop intello que trop dépendant ! haha.
    Comment fais-tu au quotidien ? J’imagine que tu prends les transports en commun ?
    Ce fut le cas pour moi lorsque j’étais en région parisienne et cela m’allait très bien, mais lorsque j’ai déménagé dans le sud de la France j’ai été obligée de m’y confronter. Et bien je n’y arrive toujours pas c’est une horreur. Contrairement à toi j’ai mon permis (j’ai eu beaucoup de chance), mais chaque fois que je dois conduire c’est une horreur si bien que parfois je m’interdis des sorties avec mes amis, il faut voir jusqu’où mène l’absurdité de la situation quand même…
    As-tu réussi à passer outre cette phobie ? Peut-être, je vais parcourir tes articles en tous cas.
    Belle soirée à toi et merci pour cet article !

    • Coucou Jade,
      Merci pour ton commentaire !
      Moi aussi ça me fait toujours plaisir quand une personne me confie être confrontée au même problème. Je me sens beaucoup moins seule. Depuis la publication de cet article d’ailleurs, je me suis rendue compte que nous étions vraiment beaucoup dans ce cas de figure, raison pour laquelle j’ai ouvert un carnaval d’articles sur le thème des phobies. Je vais bientôt publier l’ebook et du coup je te l’enverrai, il pourra sans doute t’intéresser.
      Je suis également en train de préparer le compte-rendu de ma séance avec Roman qui a été très très efficace !! Grâce à cette séance, j’ai reçu l’autorisation de faire de la conduite supervisée, c’est-à-dire que je n’ai plus besoin d’aller jusqu’à l’auto école pour m’entrainer (ce qui était déjà une galère en soi comme je l’expliquerai dans mon article) et c’est mon mari qui me supervise. Je compte bien raconter très prochainement comment ça se passe et comment je fais pour prendre confiance 🙂
      Pour répondre à ta question, au quotidien et jusqu’à la naissance de mon fils (en janvier 2017), ça allait encore car j’ai toujours vécu en ville et du coup en effet je prenais les transports en commun.
      Mais comme toi, depuis un an, j’ai été obligée de me confronter à cette phobie. Nous avons déménagé en campagne et en plus, mon fils n’aime pas rester à la maison. Alors je n’ai vraiment plus le choix, il faut que je passe ce satané permis, et en plus, que j’ose conduire même si je réussis 🙂
      Je te tiens au courant.
      Belle soirée à toi, et à tout bientôt

Laisser un commentaire