Comment retrouver la motivation et reprendre le contrôle de sa vie quand tout va de travers ?

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Coucou mes libellules,

Il y a peu, un ami me confiait les difficultés auxquelles il devait faire face en ce moment : séparation avec sa petite amie (10 ans de relation), difficultés à garder le rythme au travail (des mois qu’il accumule les insomnies psychogènes, qu’il n’a plus le temps de rien faire en dehors de son activité professionnelle, dans laquelle il ne s’épanouit d’ailleurs plus du tout), crise de la quarantaine (il n’est plus sûr de qui il est, de ce qu’il aime, de ce qu’il veut etc.). Bref, c’est la catastrophe, et il ne sait plus par quel bout prendre sa situation.

Alors, quand on est au fond du trou comment faire pour remonter ?

C’est pour répondre à cette question, que j’ai décidé de participer à l’événement inter-blogueur organisé par Anne, du blog Le TDAH au quotidien, dont le thème est justement : comment retrouver la motivation quand tout va de travers.

Et pour traiter le thème de la manière la plus exhaustive possible, j’ai préparé un plan de route en 4 étapes :

Etape #1 : Arrêter de creuser (cesser de se laisser paralyser par l'angoisse)

Lorsque que « tout va de travers » dans notre vie, on a l’impression d’être coincé, de passer à côté des choses importantes mais de ne pas pouvoir sortir la tête de l’eau dans un quotidien qui nous étouffe.

Alors on commence à stresser, angoisser, paniquer, et tel le lapin blanc d’Alice au pays des merveilles, à s’agiter frénétiquement en se répétant comme en mantra que l’on est trop en retard pour rectifier le tir… tout ça pour s’angoisser davantage, et au final, creuser encore plus profond le trou dans lequel on a insidieusement glissé…

Or, lorsque l'on est au fond du trou, la première étape à franchir pour en sortir, c'est bien évidemment d'arrêter de creuser 🙂 

Si vous vous sentez concernés par le thème de cet article, et que les mains sournoises de l’angoisse tentent de vous exploser la poitrine, dites-vous bien que vous n’êtes pas seul.

Angoisse, crise de panique, burnout, dépression …, les anxieux, au sens large, n’ont jamais été aussi nombreux. En France, si l’on en croit les statistiques, il s’agirait de 15 à 20 % de la population.

Christophe André, psychiatre de l’hôpital Saint-Anne à Paris et auteur d’une série de best-sellers sur le sujet, va jusqu’à parler d’une épidémie n’épargnant aucune génération : « Les parents sont anxieux vis-à-vis de l’éducation de leurs enfants, les enfants le sont pour leur avenir, les personnes âgées, par rapport aux évolutions de la société qui les dépassent, bref, toutes les générations sont touchées. »

Ladite épidémie ne s’arrêterait d’ailleurs pas aux frontières françaises. Elle augmenterait dans tous les pays occidentaux depuis plus d’un demi-siècle. Une large étude publiée dans la revue de la Société américaine de psychologie établit que le niveau d’anxiété chez les étudiants américains d’une vingtaine d’année est en constante progression depuis 1950.

Les motifs de cette montée de l’inquiétude chez l’être humain tiendrait moins à des menaces réelles qu’à la difficulté de s'adapter à un environnement extrêmement mouvant (liens familiaux distendus, crise de valeurs, évolutions technologiques constantes, mutations rapides du monde du travail).

Ainsi, même si notre monde actuel est, par beaucoup d’aspects, meilleur que le précédent (diminution des guerres, améliorations considérables en termes de santé et d’éradication de maladies mortelles, augmentation perpétuelle du confort), l’instabilité engendrée par les mutations permanentes de l’environnement amène une dose d’incertitude difficile à gérer émotionnellement.

A cela s’ajoute encore la pression sociale qui pèse sur tout un chacun pour « se réaliser », tant au plan tant professionnel que familial. Au point qu’aujourd’hui, la question n’est plus « que m’est-il permis de faire » - comme c’était le cas lorsque les carcans religieux et traditionnels n’avaient pas encore été brisés -, mais « suis-je capable de le faire ? », puisque chacun est responsable de sa réussite (voir à ce sujet mon article sur le piège consistant à courir après "la meilleure version de soi-même").

Paradoxalement, alors que les troubles anxieux s’étendent et que le sujet fait souvent la une des magazines, les personnes touchées restent extrêmement discrètes. D’une part parce que les personnes atteintes d’une angoisse vraiment symptomatique en sont rarement conscientes, et d’autre part parce que l’anxiété est souvent vécue comme une honte dans notre société où l’assurance et la performance sont portées au rang de valeurs suprêmes.

Pourtant, mettre des mots sur ce malaise latent est un préalable pour aller mieux.

La première étape pour se re-motiver et reprendre le contrôle d’une vie qui semble partir en cacahuète, c’est donc de trouver une personne de confiance (qu’il s’agisse d’un ami ou d’un professionnel), à qui raconter ce qui est en train de se tramer.

Il est important de comprendre – surtout pour nous amis du sexe masculin qui ont tendance à se montrer taiseux concernant leurs problèmes personnels 🙂 - qu’il n’y a pas de honte à être angoissé, terrorisé, tétanisé, par une vie qui semble nous échapper : beaucoup d’entre nous sommes passés – et repassés – par là !

Alors il est vrai qu’en plus d’être difficile à admettre pour les raisons évoquées, l’anxiété est difficile à décrire et à reconnaître.

Les symptômes de l’angoisse ont ceci de particulier qu’ils diffèrent d’une personne à l’autre (irritabilité pour certains, difficultés à s’endormir pour d’autres, compulsions alimentaires pour d’autres encore etc.) et nous induisent souvent en erreur quant à ce qui nous affecte réellement dans la vie.

A cela s’ajoute encore que le mot « stress » recouvre plusieurs réalités différentes : comment distinguer une peur légitime et protectrice d’un léger stress passager, d'une anxiété profonde ou encore d’une la véritable crise d'angoisse paralysante, également appelée "crise de panique" ?

Si vous voulez plus d’informations à ce sujet, vous pouvez consulter mes articles sur la crise d’angoisse (comment la reconnaître et la gérer), l’insomnie psychogène (comment ne plus la craindre et se relaxer), les phobies (comment les dépasser), ou encore le burnout (comment l’anticiper pour l’éviter).

Si vous souhaitez parler de vos difficultés à un professionnel, mais que vous ne savez pas vers qui vous tourner vu la prolifération de thérapies et de thérapeutes propre à notre siècle, vous pouvez consulter mes enquêtes mensuelles sur ce thème.

Quoiqu’il en soit, ne restez pas seul avec vos peurs : parlez-en à vos amis ou à un professionnel, et crevez l’abcès une bonne fois pour toute !

Etape #2 : Comprendre pourquoi on a glissé (prendre une pause introspective)

Il y a de cela plus de 2000 ans, ce cher Socrate nous invitait déjà à prendre une pause dans nos quotidiens effrénés pour tourner nos regards vers l’intérieur de nous-mêmes et y découvrir :

  •  Nos désirs (attention, on parle bien de nos désirs, pas de ceux du voisin, des rédacteurs de Cosmo ou Men’s Health, du boss, des parents ou même de Jésus 🙂
  • Nos faiblesses (raison pour laquelle, dans un premier temps, il est conseillé de procéder à ce travail introspectif seul, afin de pouvoir se mettre à nu en toute quiétude 🙂 
  • Nos habitudes et schémas de pensées, afin de mieux comprendre notre mode de fonctionnement, pour si nécessaire, pouvoir le changer ;
  • Nos valeurs (et là encore, on parle bien de nos valeurs propres, pas de celles de Pierre, Paul ou Jacques, même si bien évidemment, elles seront influencées par notre culture familiale et géographique).

Cette étape introspective en vue de mieux se connaître est fondamentale lorsque l'on tente de reprendre en mains un quotidien qui nous échappe.

C’est la pierre incontournable de toute démarche de développement personnel, faute de quoi on risquerait de mettre en œuvre des actions qui ne correspondraient pas à nos besoins réels (qu’ils soient émotionnels, financiers, ou encore intellectuels) et ainsi de dépenser une énergie considérable à la poursuite d’une autre vie que la nôtre !

Pour explorer cette étape plus en détails et éviter les pièges qu’elle comporte, vous pouvez consulter mon article sur la connaissance de soi.

Une fois que l’on a mieux cerné notre mode de fonctionnement et ce qui a de la valeur à nos yeux, comme par exemple :  

  • Quel type d'activité me rend heureux/se ? Comment pourrais-je la pratiquer régulièrement dans la semaine ?
  • Pourquoi ai-je choisi ce/cette partenaire, ce travail, ce logement ?
  • Quelle sont mes valeurs ?
  • Qu’est-ce que je suis prêt/prête à accepter et quels sont les points sur lesquels je ne peux pas transiger ?
  • Quels sont mes besoins financiers ? Puis-je les réduire ? Si oui comment ? Mon travail actuel est-il la seule option pour y répondre ?
  • Quelles sont mes aspirations ? Quelles activités (bénévoles ou rémunérées) pourrais-je mettre en œuvre pour les réaliser ?)

nous pourrons nous demander de quels types de personnes nous souhaitons nous entourer et ainsi choisir en toute conscience nos compagnons de route.

Etape #3 : Choisir ses compagnons de route (Se libérer des relations toxiques) 

Quelle que soit la période de notre vie, mais encore plus lorsque tout dérape, il est important de distinguer les personnes qui participent à l'embellissement de notre existence de celles susceptibles de la ternir.

A l'étape 2, nous avons procédé à un examen intime de nos valeurs, aspirations, besoins et fonctionnement psychique  A l'étape 3, il va falloir observer le plus lucidement possible les gens qui nous entourent :

  • Comment je me sens en leur présence ?
  • Pourquoi est-ce que je souhaite passer du temps avec eux ?
  • Que m'apportent-ils ? Qu'est ce que je leur apporte ?
  • Comment fonctionnent-ils ? (et là on parle de leur fonctionnement dans les faits, c’est-à-dire au vu de leurs actions et pas au vu de nos fantasmes ou de leurs dires);
  • Quelles sont leurs valeurs ? (à nouveau, telles qu’elles ressortent de leurs comportements et pas de leurs affirmations) ;
  • Quelles sont leurs préoccupations etc.

Ce travail d'observation devrait nous permettre de prendre conscience tant des relations précieuses (celles qui nous rendent réciproquement plus forts et plus heureux), que de celles dites inutiles (dilapidation de notre irremplaçable temps) voire toxiques.

Alors une relation toxique c’est quoi, et pourquoi je vous en parle dans cet article ?

Eh bien comme son nom l’indique, une relation toxique, c’est l’opposé d’une relation saine. Autrement dit, une relation dans laquelle l’une des personnes n’est pas authentique (elle n’est pas sincère, et, dans une certaine mesure, « profite » de l’autre).

J'ai déjà eu l'occasion de décrire les cinq signes qui caractéristiques ce type de relations.

Le problème des relations toxiques, c’est qu’elles sont extrêmement couteuses en énergie, et qu’elles engendrent des sentiments de culpabilité, tristesse et frustration.

Vous l’avez compris, les relations toxiques sont un des obstacles majeurs pour retrouver la motivation et l’énergie nécessaire pour reprendre notre vie en main lorsqu'elle semble nous échapper.

Parce que le temps que nous passons à nourrir – en pure perte – ce genre de relations constitue du temps que nous n’utilisons pas pour nous investir dans des relations enrichissantes et entreprendre des actions constructives en vue de se rapprocher de nos objectifs de vie.

Alors bien sûr, il y a différents degrés de "toxicité" dans ce genre de relations (la plus nuisible et la plus connue des internautes étant sans doute la perversion narcissique), et y mettre un terme n'est pas toujours facile. Dans certains cas, cela peut même nécessité l'aide d'un professionnel.

Cela étant, franchir cette étape est capital pour trouver l'énergie et le temps nécessaire d'amorcer la quatrième et dernière étape pour nous sortir du bourbier dans lequel on s'était enlisé: mettre en place des habitudes (routines) propices à la réalisation de nos projets.  

Etape 4 : Repartir dans de bonnes conditions (mettre en place des habitudes propices à la réalisation de nos projets)

Souvent, lorsque l’on sent que la marmite déborde et que nos vies partent en sucette, cela provient d’un sentiment de trop : trop de travail, trop de sollicitations sociales, trop de bazar à la maison, trop de projets à terminer, trop d’envies à satisfaire mais pas assez de temps, et pas assez d’argent !

L’un des livres de développement personnel qui a changé ma vie s’intitule Do Less, a Minimalist Guide to a Simplified, Organized and Happy Life, de Rachel Jonat (et qui selon moi peut se traduire par Faites en Moins, un Guide Minimaliste pour une Vie Simplifiée, Organisée et Heureuse).

Dans ce livre, Rachel Jonat, ancienne sportive de haut niveau, explique comment faire pour vivre une vie plus riche avec moins de choses, d’engagements et d’activités.

Elle indique qu'en tant que mode de vie, le minimalisme consiste à utiliser un nombre restreint de choses simples pour en dégager le maximum de bénéfices ; autrement dit, à supprimer de sa vie tout ce qui ne contribue pas au résultat désiré.

A ce propos, Rachel Jonat souligne que l’effervescence du 21e siècle a conduit la plupart d’entre nous à encombrer nos vies d’une foule de tâches, obligations, distractions, et, dans certains cas, relations, qui ne nous rendent pas réellement heureux.

En sacrifiant notre argent, et pire, notre temps, à des choses et activités qui ne nous nourrissent pas réellement - parce que non alignées avec nos valeurs - nous vivons la vie de quelqu'un d'autre, au lieu d’économiser notre énergie pour la mettre au service de petits et grands projets qui nous importent réellement.

L’économie de cette énergie réside selon moi par la mise en place de 3 habitudes :

1. S’entourer exclusivement de gens qui nous font du bien (et donc dire non aux relations toxiques) : c’est que ce que nous avons vu à l’étape précédente.

2. Faire régulièrement le tri dans nos affaires. Pourquoi ? Parce que selon les psychologues, ranger serait un comportement naturel de défense contre l'angoisse et l'impuissance.

De plus, prendre l’habitude de mettre régulièrement à la porte les objets qui n’apportent plus rien à nos vies permet d’aller plus vite pour faire le ménage, trouver rapidement les objets dont nous avons besoin au quotidien, préparer nos affaires lors de vacances, voire même de déménagements, etc, comme j'ai déjà eu l'occasion de l'expliquer.

3. Mettre en place une routine culinaire, afin de ne plus se prendre la tête pour savoir quoi faire à manger,  ne plus passer des heures à cuisiner, économiser un paquet de fric, et garder la ligne.

En principe, si la mise en place de ces habitudes a été faite sérieusement, nous devrions nous retrouver avec le temps et la paix d’esprit nécessaire pour se fixer des objectifs en accord avec notre personnalité, et les atteindre.

Et là, on ne parle plus de se hisser hors du trou mais de réaliser ses rêves, et ce sera l’objet d’un autre article 🙂

Voilà mes loutres, j’espère que si vous sentez votre quotidien vous échapper, ce récapitulatif vous sera utile. 

Et vous alors, quels sont vos conseils pour retrouver la motivation et le contrôle de votre vie en période de grande tourmente ? Dites le moi dans les commentaires !

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2 réflexions sur “Comment retrouver la motivation et reprendre le contrôle de sa vie quand tout va de travers ?”

  1. Très intéressant la manière dont tu abordes ce sujet délicat! En effet, c’est triste mais le stress, la dépression sont un fléau de notre époque… Pour se remobiliser, je pense qu’il faut arrêter de s’exposer à la pression sociale comme tu dis, qui nous impose d’agir comme ceci, de travailler comme cela… Se détacher de cette contrainte est le plus difficile mais le jour où on y arrive et qu’on est capable de simplement vivre en phase avec nous-même (et non avec les codes de sociétés), on se retrouve bien plus libre et zen ! 🙂

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