La connaissance de soi, base du développement personnel

C’était la devise inscrite sur la façade du temple de Delphes et l’enseignement de Socrate il y a plus de 2000 ans : Connais-toi toi même !

Par cette injonction, le philosophe soulignait la nécessité pour chacun d’entre nous de comprendre nos désirs, nos faiblesses, nos habitudes, nos schémas de pensées et nos valeurs, afin d’adopter les changements de vie les plus adaptés à nos besoins.

Toutefois, il faut l’admettre, l’aspiration à devenir meilleur et transformer sa vie entraine souvent la crainte de sombrer dans le nombrilisme, de courir après des chimères (​vous savez désormais tout le bien que je pense de l'invitation à devenir une meilleure version de soi-même 🙂 ou d’ouvrir la porte aux gourous et escrocs en tous genre (voir à ce sujet mon article sur le développement personnel et les charlatans).

S’il est vrai que ces pièges peuvent se présenter sur le chemin – d’où ce blog – l’introspection en vue d’une meilleure connaissance de soi constitue le point de départ incontournable de toute démarche thérapeutique, philosophique ou spirituelle.

Quand on y réfléchit, cela est logique : plus on collecte de données sur soi-même, plus on est en mesure d’apporter des améliorations sur la base de ces données.

Autrement dit, plus nous portons attention à nos émotions, besoins et schémas de pensées, plus nous comprenons pourquoi et comment nous agissons. Et plus nous comprenons notre fonctionnement, plus nous sommes en mesure de le changer.

Pour ma part, je me suis intéressée au concept de la connaissance de soi il y a 10 ans après avoir fait le constat que :

  • J’avais suivi des études de droit et passé mon brevet d’avocat (soit au total un investissement de 6 ans de ma vie, et pas les plus zens, comme je vous l’expliqu​ais ​ici) dans l’optique de travailler pour une association de défense des animaux. A l’époque, j’étais persuadée que ma vocation consisterait à devenir le Peter Singer français de la cause animale.
  • J’avais donc consacré mon temps et mon énergie à la réussite de ces objectifs et j’ai été exaucée : Quelques semaines après avoir obtenu mon titre, je décrochai un contrat de collaboratrice juridique dans l’ONG de mes rêves. ​En plus, il s’agissait d’un poste bien rémunéré, en CDI, dans une petite ville magnifique et calme. Tout ce que je croyais vouloir à l’époque !!
  • Or, même pas 7 mois après avoir débuté, je démissionnais.

J’avais réalisé que : (1) je me sentais trop isolée dans cette petite ville, (2) ​l'atmosphère de souffrance animale intense dans laquelle je baignais continuellement m'était insupportable, (3) je n’avais pas la liberté que je m’étais imaginée dans la manière de traiter les dossiers et (4) le lobbying associatif ne me plaisait pas tant que ça.

Cette erreur de choix professionnel aurait pu être mise sur le compte des désillusions propres ​à la jeunesse si deux ans plus tard, les événements de ma vie sentimentale n’étaient pas venus confirmer ce manque de perspicacité quant à moi-même.

​​A cette époque, ​divers évènements me forcèrent en effet à admettre que mon acolyte de l’époque, celui avec lequel je formais un couple depuis le lycée, menait sa vie ​conformément à des priorités et des valeurs définitivement incompatibles avec les miennes. Pour conserver mon intégrité psychique, il ne me restais qu'une solution : rompre, et ce après 12 ans de vie de couple.

J’avais cru être une certaine personne depuis l’adolescence, et je réalisais qu’en fait, mes besoins réels, tant affectifs qu’intellectuels, n’étaient pas ceux par lesquels je me définissais.

Partie d’une fausse définition de moi-même (c’est-à-dire de mes véritables aspirations, ​sentiments et besoins), j’avais fait des choix qui ne me correspondaient pas et qui, de ce fait, ne permettait pas de nourrir ma véritable personnalité.

J’ai alors décidé d’apprendre à me connaître, acceptant que s’il était parfois légitime de projeter une image sociale pour se protéger, seul face à soi-même, il fallait faire tomber les masques.

Et alors ma vie a pu commencer à se transformer. En bien. En super bien. En génial en fait.

Alors bien sûr, la connaissance de soi sans action subséquente et l’auto-absorption ne mènent nulle part, si ce n’est au nombrilisme.

Mais la conscience de ses besoins, de ses aspirations et de son fonctionnement psychique constitue le premier pas – et il est fondamental – ​vers son chemin de vie, le seul qui permette d’avancer avec un sentiment de paix.

C'est pourquoi vous aurez constaté que j'ai dédié une partie conséquente de mes premières enquêtes mensuelles à deux outils de connaissance de soi : le MBTI et l'Enneagramme.

J'ai pris un peu d'avance sur mon enquête du mois de novembre, et j'ai décidé ce mois-ci ​de faire le point sur une troisième technique de connaissance de soi : le Big Five

J'espère que vous y trouverez des informations utiles et comme d'habitude, si vous avez aimé cet article, n'oubliez pas de cliquer sur le bouton j'aime ou de me le dire dans les commentaires (comme ça je sais quels sujets vous intéressent).

Bon début de semaine !

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Une réflexion sur “La connaissance de soi, base du développement personnel”

  1. Du symbolisme à la connaissance de « Soi »
    Lorsque vous étudiez et apprenez au sujet de vous-même, disait Jiddu Krishnamurti, il se dégage une force extraordinaire, faite de clarté, qui peut résister à toutes les absurdités de l’ordre établi. Cette force n’est pas une forme de résistance, d’obstination ou de volonté égocentrique, mais une observation diligente de l’extérieur et de l’intérieur. C’est la force de l’affection et de l’intelligence.
    Bonjour,
    Eva de Vitray Meyerovitch, considérée comme une très grande spécialiste du soufisme et de l’Islam, expliquait en 1982, dans la revue « Question de » que, sous l’effet du symbolisme, la pensée est incitée à un effort personnel, à une curiosité provoquée, à une recherche. Le premier pas sur la voie de la connaissance mystique sera ce pressentiment d’un au-delà de ce qui n’était perçu que comme une réalité concrète. Dès lors, commence le voyage de l’extérieur vers l’intérieur, de l’apparence à l’inconnu.
    Paule Amblard nous dit que « Le symbole est une fenêtre sur l’invisible… Cette ouverture, cette élévation qui nous dépouille de tout attachement à la matière, ce cœur qui s’ouvre, écoute et perçoit au-delà du sens naturaliste. Cette acceptation de la mort et ce retour en enfance. Redevenir enfant ne signifie pas infantile, au contraire, il s’agit de retrouver cette pureté, cette nudité, cette spontanéité, cette confiance d’enfant. Une confiance aimé par le ciel… »
    Selon l’Evangile de Matthieu, si nous redevenons comme des « petits enfants » nous entrerons dans le « royaume des cieux ».
    Et la même auteure d’écrire dans son livre Un Pèlerinage intérieur : « Il y a dans la vie une source intuitive qui nous pousse au-delà de notre raison. On répond à ce que cette force nous dicte sans trop se demander pourquoi. Ce n’est pas une réaction à un événement, pas une pulsion, mais quelque chose de plus enfoui, une certitude des choses qui dure une seconde mais qui transforme votre vie lorsqu’on la suit. ».
    Cette intuition intellectuelle et supra-rationnelle dont il semblent qu’on ait perdu jusqu’à la simple notion, c’est véritablement la connaissance du cœur, suivant une expression qui se rencontre fréquemment dans les doctrines orientales.
    Pour les modernes, le cœur se trouve réduit à ne plus désigner que le centre de l’affectivité, alors que pour les Anciens, il était regardé comme le siège de l’intelligence, non pas de cette faculté tout individuelle qu’est la raison, mais de l’Intelligence universelle dans ses rapports avec l’être humain qu’elle pénètre par l’intérieur, puisqu’elle réside ainsi en son centre même, et qu’elle illumine de son rayonnement.
    La connaissance du cœur, c’est la perception directe de la Lumière intelligible, de cette Lumière du Verbe dont parle « saint Jean » au début de son Évangile, Lumière rayonnant du Soleil spirituel qui est le véritable Cœur du Monde.
    Ceci donne l’explication d’un symbolisme suivant lequel le cœur est assimilé au soleil et le cerveau à la lune.
    Quand le Soleil de la Connaissance spirituelle se lève dans le ciel du cœur, dit le Védânta, il chasse les ténèbres, il pénètre tout, enveloppe tout, et illumine tout. Celui qui a fait le pèlerinage de son propre « Soi », un pèlerinage dans lequel il n’y a rien concernant la situation, l’espace ou le temps, qui est partout, dans lequel ni le chaud ni le froid ne sont éprouvés, qui procure une félicité permanente et une délivrance définitive de tout trouble ; celui-là est sans action, il connaît toutes choses, et il obtient l’Éternelle Béatitude : Felix qui potuit rerum cognoscere causas !
    « Connais-toi toi-même » disait l’expression inscrite sur le fronton du temple de Delphes.
    La connaissance ne peut être acquise que par une compréhension personnelle que l’homme doit trouver seulement en lui-même. Aucun enseignement « conventionnel » n’est capable de donner la connaissance réelle.
    Sans cette compréhension, dit René Guénon, aucun enseignement ne peut aboutir à un résultat efficace, et l’enseignement qui n’éveille pas chez celui qui le reçoit une résonance personnelle ne peut procurer aucune sorte de connaissance. C’est pourquoi Platon dit que « tout ce que l’homme apprend est déjà en lui » et qu’Ibn Sina exprime ainsi : « Tu te crois un néant et c’est en toi que réside le monde. ». Toutes les expériences, toutes les choses extérieures qui l’entourent ne sont qu’une occasion pour l’aider à prendre conscience de ce qu’il a en lui-même. Cet éveil est ce que Platon appelle anamnésis, ce qui signifie « réminiscence ». Si cela est vrai pour toute connaissance, ce l’est d’autant plus pour une connaissance plus élevée et plus profonde, et quand l’homme avance vers cette connaissance, tous les moyens extérieurs et sensibles deviennent de plus en plus insuffisants jusqu’à perdre finalement toute utilité. S’ils peuvent aider à approcher la sagesse à quelque degré, ils sont impuissants à l’acquérir réellement, quoiqu’une aide extérieure puisse être utile au début, pour préparer l’homme à trouver en lui et par lui-même ce qu’il ne peut trouver ailleurs et particulièrement ce qui est au-dessus du niveau de la connaissance rationnelle. Il faut, pour y atteindre, réaliser certains états qui vont toujours plus profondément dans l’être, vers le centre qui est symbolisé par le cœur et où la conscience de l’homme doit être transférée pour le rendre capable d’arriver à la connaissance réelle. Ces états qui étaient réalisés dans les mystères antiques étaient des degrés dans la voie de cette transposition du mental au cœur.
    Ceux qui se font initier, dit Aristote, apprennent moins quelque chose, qu’ils ne font l’expérience de certaines émotions et ne sont plongés dans un état d’esprit particulier.
    « Tu souriras alors, en connaissant si simples, les notions qui te paraissaient si abstruses lorsque tu n’étais qu’un profane, et tu avoueras qu’il n’était pas d’explication possible, avant l’investigation personnelle, destinée à préparer ton esprit à recevoir les semences du vrai. Et c’est dans ce sens qu’il est dit que nul ne peut être initié que par soi-même. » (E.J. Grillot de Givry, Le Grand Œuvre)
    Précisons que le mot initiation dérive d’initium et que ce terme signifie proprement « entrée » et « commencement » : c’est l’entrée dans une voie qu’il reste à parcourir par la suite ; c’est aussi le commencement d’une nouvelle existence au cours de laquelle seront développées des possibilités d’un autre ordre que celles auxquelles est étroitement bornée la vie de l’homme ordinaire.
    Cordialement.

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